Les Elfes Sombres sont la branche elfique qui a choisi le meurtre — non par accident, non par désespoir, mais comme principe. Quand la Première Convergence déversa les Hommes sur Aldémoros et que les peuples elfiques se divisèrent à la Désolade, les Elfes Sombres tranchèrent là où leurs frères hésitaient : les peuples nouveaux étaient une souillure, et la souillure ne se tolère pas. Les Astréens choisirent le repli ; les Sylvestrins choisirent la dilution. Eux choisirent l'annihilation. Repliés dans le Grand Nord glacé, au-delà des Marches Naines, ils bâtirent des forteresses-cités taillées dans la glace noire et la pierre du Voile, et y attendirent — non l'oubli, mais l'occasion.
Ils ne forgent pas l'Acier Stellaire ; ils ont pris un autre chemin. Là où les Astréens nouent des Pactes avec les grandes Bêtes, les Elfes Sombres les brisent : ils enchaînent les Hydres, les Manticores, les Léviathans des mers froides, les Drakons-Sombres, et les contraignent à servir par la rune et la douleur. Leur société est matriarcale, leurs cités voilées, leur Couronne unique — la Veuve Noire, matriarche-déesse-vivante qui ne dort jamais et règne sans Conseil. La piraterie côtière contre l'Archipel d'Erys est une saison ; l'enlèvement d'esclaves humains, une économie ; l'exécution rituelle des Astréens capturés, un sacrement. Ils ont attendu deux mille ans depuis l'Effondrement. La Veuve Noire vient de déclarer que l'attente est finie.